«Je me dépêche d'en rire,
Avant d'avoir à en pleurer (Beaumarchais).»
... mais le cœur ne peut commander l'âme.
Si le rire est instinctif, la souffrance morale cherche la sortie
dans le labyrinthe de nos entrailles,
sans jamais pouvoir trouver la sortie !
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FACE A MOI.
(ou les cogitations d'un "tête‑à-plusieurs'têtes" avec soi-même).
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Tragi-comédie en un acte de foi …
… et quelques scènes de contrition.
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Les personnages principaux :
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L'AUTOPORTRAIT |
- Moi-même, à la fois modèle et auteur |
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SENSIBLERIE |
- Ma première épouse (de laquelle j'ai voulu m'éloigner un peu), * accompagnée de mes QUALITES, nos petites de ce premier lit. |
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REALITE |
- Ma maîtresse (que je veux quitter), * accompagnée de mes DEFAUTS, nos petits de ce second lit. |
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CONSCIENCE |
- Une proche cousine, souvent éloignée. |
Les figurants, pensionnaires de ma comédie parenthèse :
- L'Intrigue
- La Mémoire
- L'Excuse
- Les Commentaires
- La Porte
- Le Silence
Avec la participation extraordinaire du ...
* Grain de sable,
... et en guests stars :
L'aimable participation du Plafond, du Pardon, de l'Inspiration, de la Fenêtre et du Rideau.
ooOoo
Synopsis.
Tout d'abord … et en général, le décor représente l'intérieur d'un petit salon Louis XVI, situé au n° 17, boulevard du 18ème R.I, dans un immeuble construit au 19ème siècle dans le 20ème arrondissement de Paris. Jusqu'ici, tout se suit et semble s'emboîter à merveille.
Ensuite … et pour être plus précis, l'action principale se passe dans un petit salon, faisant partie d'un meublé moyen et transformé en grand bureau. Le tout, niché au quatrième étage - escalier C - deuxième porte gauche, à droite de l'ascenseur en panne. A partir de là, ça se suit toujours. En se compliquant sans doute un petit peu, mais ce n'est pas encore trop grave. Attendons de voir la suite.
Pour l'instant, tout est calme dans l'immeuble ou presque. Afin d'être un peu plus clair, disons que tout n'est pas vraiment tranquille. Car depuis le début de la matinée, il y a quand même eu moins de silence que d'agitations sonores. Dont celles orchestrées par les successifs éveils journaliers des locataires indépendants. Mais qu'importe, ce qui se passe à l'extérieur de ce drôle d'intérieur ne nous intéresse pas vraiment. Entrons plutôt dans le cœur de l'histoire et regardons du dehors tout ce qui va s'ensuivre au-dedans. Mais en ordre un peu plus compliqué cette fois.
En gros, le propriétaire est un homme plutôt maigre et qui commence à se poser des questions sur ses propres comportements. Cela, suite aux reproches de plus en plus fréquents, sur ses critiques de misanthrope mis en trappe et qu'il décoche indifféremment sur son entourage. Alors, depuis quelques jours déjà, l'homme arpente sans repos le moyen meublé dans tous les sens et passe des nuits blanches à broyer du noir.
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DEPART DE L'HISTOIRE :
... 08 h 09' 10" !
Brusquement, l'esprit frappé par le désir évidemment soudain de faire son autocritique, l'homme décide de rédiger son AUTOPORTRAIT. Ceci, afin de pouvoir polémiquer sur les divagations de son animosité envers ses semblables. Notamment, en cernant sa REALITE au travers de ses DEFAUTS et en s'interrogeant sur le vrai de sa SENSIBLERIE. Elle‑même, basée sur d'éventuelles QUALITES. Alors, après avoir bien écrasé chaque centimètre carré de la moquette de son salon-bureau, l'homme et sa CONSCIENCE se calent devant le bureau-salon. Déterminé, monsieur Autoportrait saisi une grande feuille de papier. Ainsi qu'un petit crayon, taillé dans du bois dont on fait également des feuilles 21 x 29,7. Il est enfin prêt à s'écrire !
... 09 h 10' 11" !
Après un nombre calculable d'hésitations, représentant plusieurs soixantaine de secondes et quelques, l'Autoportrait est toujours seulement prêt à se décrire. Malgré sa résolution, l'INTRIGUE de sa personnalité complexe a bien du mal à se dénouer. Car au fond de lui, des amnésies armées par un subconscient encore craintif, mettent en joue ses souvenirs excités. Sûrement pour faire front avec sa Conscience, qui commence à se noyer dans le flottement de ses molles envies de confession. Alors le temps passe et se ressemble, puisque pour l'instant, rien ni personne n'y apporte de modification conséquente.
... 10 h 11' 12" !
Au bout d'un peu plus de quatre quinzaines de minutes, l'Intrigue se passe toujours de COMMENTAIRES. Blottie dans un coin de tête malmenée, même la MEMOIRE de l'Autoportrait en recherche d'inspiration, refuse de souffler mot. En conséquence, l'ambiance de ce départ ressemble pile, à celle d'un face‑à‑quatre tombé sur la tranche et ne sachant trop vers quel côté se retourner. Ce qui devrait être un déballage extérieur soudain, devient finalement une interminable réflexion indécise. Plus exactement, un long huis clos entrouvert à des confessions, qui ont tendance à vouloir se retenir. Sans doute, pour ne pas atteindre la fin de cette remise en question.
A l'extrémité de ce labyrinthe de cogitations retenues, la PORTE d'entrée veille au grain. Telle une sentence. Fermement décidée à ne pas atténuer les circonstances aggravantes, en s'ouvrant bêtement sur une aide extérieure, qui fausserait tout le travail intérieur. Alors le SILENCE continue à s'étendre sans faire de bruit. Pas une EXCUSE, pas le moindre grain de SABLE pour enrayer ce mutisme mécanique. Lassée, la fin de cette matinée prend malgré tout son mal en patience. Coutumière du fait, elle attend sagement que les cristaux du "radio‑sommeil", posé sur le tréteau de chevet, affichent le numéro 12 pour enfin laisser place au début de l'après-midi. Obstinément assis devant son bureau, l'Autoportrait passablement énervé, cherche toujours l'inspiration. Tandis que sa Conscience oisive, se prélasse au milieu de la feuille blanche, encore épargnée par un crayon mordillé jusqu'à l'os.

