AUTOUR DE MOI.

Autour de moi.
Les ailes de l’amour perdu.
Je m'appelle Johan
Et j'ai déjà l'âge de mourir de chagrin,
Celui de ne plus vivre d'amour
Et de demander : - Pourquoi moi !
Elle est partie
Et il est seul.
Il est seul,
Elle est partie
Et je suis seul.
Sa femme est allée rejoindre
Les tempêtes de ses nuits,
Devenues indomptables,
Devenues solitaires,
Sans plus personne à aimer,
Sans moi.
Ma mère est allée plus loin,
Au-delà de moi,
Au-delà de mon père,
Qui ne voit pas en moi
Les chagrins de ma mère,
Qui s'en est allée,
Plus loin,
Sans nous.
Ma mère est sortie de nous !
Mes huit années n'ont pas suffit,
A l'accrocher à mon amour pour elle,
A mon bonheur d'être le présent
De son amour pour lui.
Ma mère est partie,
Sans rien nous demander.
Moi, je saurais bien demander la lune,
Mais pas ce coin de ciel bleu-acier,
Qui emprisonne son âme,
Devenue trop insaisissable
Et qui s'estompe peu à peu,
De mes rêves gourmands d'elle.
Des rêves qui disparaissent
Sans que j'arrive à les figer,
Sans que je puisse les semer,
Dans un lopin de lune à décrocher.
Ma mère est partie,
Avec des anges d'un là-haut,
Qui interdisent toute visite
De ces vivants trop vivants,
En cet endroit bien trop haut,
Dans lequel ils n'ont pas de droits.
Elle s'en est allée,
Avec des anges que je n'aime pas,
Qui ne me reconnaissent pas,
Qui ne sauront pas l'aimer comme je l'aime,
Comme lui, il l'aime,
Comme j'aime mon père,
Comme il n'arrive plus à m'aimer.
Aujourd'hui,
Mon destin commence à se bétonner
Et je vais devoir vivre sans elle,
Habiter sans lui,
Dans cette maison vidée d'amour,
Dans laquelle je perds la trace
De mes souvenirs entourés d'eux.
Elle est partie
Et il est seul
Et je vais continuer à l'aimer,
En silence,
Comme ma mère,
Qui nous aime sans rien dire,
Mais il ne saura pas,
Parce qu'il ne m'entend plus.
PtK
Sur la vitre de la fenêtre,
Donnant sur l'entrée désertée,
Une larme a laissé la trace d'un adieu émétique.
Le souffle chaud,
Exhalé par les hoquets de chagrin d'Emma,
Y dépose de petits nuages plats,
Engorgés de désespoir humide.
La trop longue allée restera vide à jamais.
Il est parti !
Comme ça.
Sans même l'envie de se retourner,
Vers ce cœur qui s'accroche encore,
A ses vaines amours "immortelles",
Transmutées en souvenirs de plomb.
Il est parti !
En ne laissant que la triste musique de ses pas,
Crissant sur le gravier grisâtre
Et qui résonnent en échos insoutenables,
Dans l'âme évidée d'Emma.
Le visage collé sur cette fragile frontière cristalline,
Elle attend !
Malgré la morne buée,
Recouvrant la vitre du salon
D'un patchwork d'oublis cotonneux,
Emma garde son regard pointé sur l'avenir.
Un futur écimé, qui s'est soudé
Sur la grille de l'entrée ...
Les barreaux se sont solidement refermés,
Sur son amour inassouvi
Et ils ne s'entrouvriront plus jamais,
Pas même pour Emma.
Sa vie s'est cristallisée,
Attendant un dernier soubresaut,
Pour s'éclater en mille et une étoiles,
Prêtes à se laisser avaler,
Par un grand "trou noir".
Par un simple objet, sombrement massif,
Dont le champ gravitationnel si intense,
Empêchera toute forme de matière ou de rayonnement,
De s'en échapper.
Un trou vide de tout ce qui est "vie",
Observé par des hommes insouciants de sa peine
Et figés à des millions d'années lumières,
Des ténèbres d'Emma.
PtK
Non,
Je n'ai jamais subi de ces détresses amoureuses,
Je n'ai jamais eu de chagrin d'amour.
Je n'ai jamais eu de ces "plus jamais" au bord des lèvres,
De ces douleurs inondées de larmes intarissables,
Prêtes à rétrécir la vie,
Ni de ces tourments rocailleux,
Décidés à pétrifier l'âme et lapider le cœur.
... Je suis toujours parti,
Avant de m'écorcher l'esprit sur la pulpe rugueuse
D'un fruit de la passion séché par les vents de l'oubli,
… Je me suis toujours dérobé,
Avant de pleurer l'amour disparu,
Au long de mes allers-retours immobiles,
Avant de répandre l'eau boueuse de mes yeux
Dans le puits d'un amour vidé de moi,
... Je me suis toujours évadé,
Sans jamais infuser mes pleurs
Dans un alcool qui ne désinfecte pas les blessures du cœur,
Sans jamais chercher l'ami fidèle,
Pour l'entendre me dire d'oublier ces souffrances immergées,
Que l'on retrouve ancrées dans chacune de ses pensées.
... J'ai toujours fui,
Pour ne pas perdre la faim qui permet de vivre
Et la soif qui permet d'exister,
Pour ne pas connaître ces insomnies
Lézardées de sommeils orageux,
Pour ne pas subir de réveils glacials
Abrutis de rêves impossibles,
... Je me suis toujours éloigné,
Pour ne pas avoir de temps à perdre,
Dans des souvenirs enchevêtrés en mosaïques interminables,
Pour ne pas perdre mes pas dans des chemins de croix,
Ni crucifier ma vie sur des collines arides,
Non,
Je n'ai jamais eu de ces "adieux" au fond des tripes,
Rien de ces peines submergées de larmes luxuriantes,
Prêtes malgré tout à faire refleurir la vie,
Rien de ces chagrins mégalithiques,
Déterminés à étayer l'âme et fortifier le cœur.
Je n'ai jamais eu de chagrin d'amour,
Je n'ai jamais subi de ces détresses amoureuses.
Je ne me suis jamais retrouvé dans un amour perdu,
Parce que je ne me suis jamais égaré,
Dans un amour que j'avais peur de trouver.
PtK
D'une main désolée, il creusait les poubelles,
Noyé dans la ruée vers l'or de ce 21ème siècle,
Pour trouver le filon qui permet d'exister,
En grattant l'inutile des autres.
Il cherchait à nourrir la vieillesse de son couple,
Oublié dans l'enfer d'une retraite indigente
Et promenant sa disgrâce au hasard des trottoirs,
Il fouillait entre les os réservés aux chiens.
Il avait amputé sans broncher quarante ans de sa vie,
Offertes au service égoïste d'un labeur carnivore
Et qui ne voulait plus lui rendre la pareille,
Malgré ces liasses de promesses dévaluées,
Qui agonisaient dans l'oubli d'un coffre-fort.
Il avait demandé à trop de portes consternées,
Qui ne voyaient pas plus loin que le bout de la loi
Et il avait reculé en reniflant sa dignité,
Pour aller reprendre, ce que jadis il avait jeté.
L'amour de sa vie n'osait plus s'égarer,
Dans ces endroits de vie facturés sans condition,
Alors il continuait à travailler pour survivre
Et s'offrir les moyens de mourir comme les autres.
Entassant ses rêves de voyages inachevés
Et ses parties d'amitiés devenues bien trop chères,
Il avait recouché le soleil de ses espoirs,
Dans l'ombre découpée par des rejets glacés
Et fouillait dans les restes des vies ensachées,
D'une main qui trahissait son amour-propre.
PtK
... Je n'aime pas les chevaux !
Ceux que l'on fait tourner en rond,
Dans un cercle vicieux,
Ensanglanté de copeaux,
Rincés à la sueur joviale,
Des amateurs de chevaux bien dressés.
Je n'aime pas les chevaux,
Que l'on kidnappe dans les plaines,
Pour les encelluler, solitaires,
Dans des bosquets en béton armé
Et que l'on prête aux cavaliers du dimanche,
Quand il fait trop beau pour rester à la maison
Et jouer aux petits chevaux sans bouger.
Je n'aime pas les chevaux,
Au regard aussi triste,
Que ceux des lions méthodiquement parqués
Dans des morceaux de brousse en ciment sécurisé,
Bordés de baobabs en acier trempé
Et qui n'ont même plus l'envie naturelle,
De croquer dans des chevaux vivants.
Je n'aime pas les chevaux,
Que l'on caparaçonne de cuir bovin,
Pour les garder vivants un peu plus longtemps
Et que l'on dresse avec amour,
Pour aider à tuer des taureaux innocents,
Qui n'envient même pas le sort des chevaux.
Je n'aime pas les chevaux,
Lorsqu'ils ne se cabrent plus
Pour clamer leur liberté originelle,
Mais pour parader devant un public désinvolte,
Libre d'aller les aimer de tout leur cœur bien saignant,
Dans une boucherie pour le meilleur ami de l'homme.
Je n'aime pas les chevaux
Qui ne sont plus des chevaux,
Ni ces gens qui se déguisent en centaures
Pour galoper dans leur liberté égoïste
Et qui n'ont de respect dévotionnel,
Que pour les bourrins de leur automobile.
Je n'aime pas les chevaux !
Ceux que l'on fait tourner en rond,
Sous les pointes d'une écuyère frétillante,
Pour la plus grande joie des spectateurs,
Lesquels, le temps d'une représentation,
Sont amoureux de chevaux bien maquillés.
Je n'aime pas les chevaux,
Libres comme des chevaux de frise ...
J'aime les chevaux natures,
Les voir cavaler sur les plages de Camargue,
Survoler les steppes de Mongolie,
Louvoyer entre les canyons du Texas,
Dominer les plaines du Caucase
Faire vibrer les vastes prairies verdoyantes,
De leurs sabots désentravés,
J'aime les chevaux, à l'état pur !
PtK
Bonjour, les petits enfants !
La grande salle de repos, grise de mine,
Regardait les enfants malades,
Essayer de jouer à celui qui n'a pas mal.
Les blouses blanches enveloppaient chacun d'eux,
D'une bienveillance quasi maternelle.
Les infirmières souffraient aussi.
Elles souffraient en elles,
Pour les parents infectés de questions intérieures
Et qu'elles voulaient consoler comme des enfants.
On entendait ça et là,
De petits pouffements timides, forcés,
Entre les hurlements de souffrance aphone ...
... et puis le silence s'est installé pour de bon,
Un grand silence à couper au couteau à beurre
... et puis les visages se sont tournés vers la droite,
Comme pendant le défilé des troupes, sous l'œil du général
... et puis de petits souffles étonnés,
Se sont mis à murmurer,
... et puis de petits sourires interloqués,
Se sont mis à bredouiller ...
... et puis, et puis
... et puis les clowns sont entrés,
L'un derrière l'autre !
Il y avait l'auguste multicolore,
Qui mettait de grands coups de pied,
Au derrière des douleurs insistantes,
Qui voulaient traîner encore,
Dans le couloir des petites têtes ébahies.
Il y avait "Monsieur tout blanc",
Avec un sourire comme un croissant de lune,
Qui déguisait la réalité en rêve authentique
Et il y avait les compères,
Aux chaussures immenses
Et aux mains gantées de bêtises enjouées,
Qui lançaient de petites pichenettes,
Aux pleurs qui ne voulaient pas décrocher.
Alors, d'un petit clin d'œil malicieux,
Ils ont transformé leur doigt en baguette magique
Et tout s'est métamorphosé.
Les pieds à perfusion se sont convertis en tronc d'arbre
Et les sacs de sérum, incompatibles avec l'instant présent,
Ont pris l'apparence d'une verte feuillée.
Les lits à roulettes sont devenus des wagons d'allégresse,
Accrochés à la locomotive humaine bariolée,
Qui entraînait le petit train hors de la vallée de larmes.
L'ombre de Peter Pan,
Paillonnait autour des infirmières enchantées.
De grands éclats de rires,
Ont maculé les murs tout tristes,
Sous le regard sidéré du personnel décoloré,
Qui n'avait pas encore tout à fait basculé,
Dans la quatrième dimension enfantine.
Mais qu'importait,
Les gosses avaient tous sauté à pieds joints,
Dans cet autre monde qui faisait oublier les chagrins
Et comme il ne restait plus que des éclats de bonheur,
Pour tout nettoyer du sol au plafond,
Pourquoi dépeindre les murs en couleur d'anxiété.
Les drames et les chagrins,
S'étaient endormis au fond d'un grand placard.
Pour un instant encore.
Les petits ont oublié leur maladie
Et le regard baigné de tristesse des parents,
Pour un moment encore.
Le temps de refaire le plein d'espérance,
Le temps de faire savoir au monde,
Qu'ils étaient toujours des enfants.
Allez, au revoir les petits enfants !
PtK
-o-
Acte II (scène 3)
Il s'est retrouvé, fragile,
Perché sur le lampadaire du salon,
Comme ça,
Sans savoir pourquoi, ni comment.
Fuyant la vigilance de sa mère,
Il voulait voir d'en haut,
Ce qu'il ne voyait pas d'en bas.
Il s'est retrouvé suspendu,
A quelques peurs du vide,
Comme ça,
Sans savoir pourquoi, insouciant.
Il a bien essayé de redescendre,
Mais l'abat-jour était glissant,
Dangereusement inutile.
Il voulait rejoindre trop rapidement,
Les attentions de sa mère,
Même si elles étaient trop étouffantes.
Il s'est retrouvé perdu,
A quelques secondes de la fatalité,
Comme ça,
Sans savoir pourquoi, en geignant.
... et le drame est arrivé,
A pas de loup,
Pour croquer dans l'éphémère de sa vie.
L'équilibre s'est rompu
Et le chaton est tombé,
Du haut de vingt fois sa taille.
Il est tombé les quatre fers en bas,
Sur le clavier du piano,
Qui n'en revenait pas.
Sans respecter la gamme,
Le chaton s'est retrouvé sur la touche
Ou plutôt, au hasard des touches,
Une blanche vaut bien deux noires,
Mais il lui en fallait quatre
Et il ne savait lesquelles choisir.
Peu lui importait,
A présent il avait presque pied
Ou plus justement, il avait presque patte,
Les quatre ensembles,
Bien en équilibre.
Il n'y avait plus que les quelques centimètres
Du bord du piano au clavier béant,
Au bout du clavier au piano géant,
Pour le séparer de sa mère.
Le vrai danger s'était éloigné,
Un peu,
Mais pas l'inquiétude.
En atterrissant,
Une drôle de musique s'est fait entendre.
Un drôle de paquet de notes cacophoniques,
Pas comme les sons feutrés de la moquette
Ou comme le crissement du canapé,
Qui faisait du bien aux griffes à dégourdir,
Non, c'était une sonorité bizarre,
Qui faisait quand même un peu peur.
-o-
Acte II (scène 4)
Le chaton voulait retourner près de sa mère,
Près de ses remontrances,
Loin de son évasion mal léchée.
Il avança rapidement
Vers le bout du clavier trop bruyant,
Mais d'autres résonnances inhabituelles,
Semblaient vouloir ponctuer sa fuite en avant.
Alors il recula, doucement
Et chacun de ses mouvements fébriles,
Produisait une tonalité différente,
A chacun de ses pas,
Mais il n'avait pas mal,
Les notes n'attaquaient pas,
Juste un peu les oreilles surprises,
Mais la liberté n'avait pas de prix.
Sursautant sur un do grave et sévère,
Le chaton se figea.
Le bord était encore loin,
Mais là, était la seule issue,
Selon l'avis d'un chaton espiègle,
Qui n'avait jamais joué de piano de sa vie.
L'air de rien, pour tenter de surprendre l'ennemi,
Il reprit son petit chaton de chemin.
Mais de nouvelles notes tombées de terre,
Venaient de nouveau se coller sans état d'âme,
Sur le velours de ses coussinets angoissés.
Il avait beau secouer les pattes,
Les notes se recollaient au pas suivant,
Même quand il marchait à pas de chat,
Comme pour s'approcher du bocal à poisson,
Sans attirer l'attention.
Seulement, il fallait bien rentrer.
Alors, prenant tout son courage à quatre pattes,
Le chaton bondit en avant,
Trébuchant sur chaque touche
Qui s'enfonçait de colère en ronchonnant.
Mais la peur donne des ailes
Et il réussit à traverser sans trop de mal,
Le champ miné de touches explosives.
Arrivé sur le bord avant plus rien,
Le chaton s'élança,
Sans attendre.
Toutes griffes dehors
Cherchant à s'accrocher le long du gros instrument,
Qui lui, était malheureusement vernis ;
Un gros monstre bizarre,
Qui miaulait dans une langue étrangère
Et s'inquiétait bruyamment,
D'avoir un chaton qui marchait sur son dentier.
Mais la prise céda
Et le chaton glissa,
Le long du panneau inhospitalier,
Glissant comme les bords d'un abat-jour.
Alors le petit filou atterrit de nouveau,
Après un saut en chute pas vraiment libre,
Mais cette fois, les quatre fers en l'air,
Par terre,
Sur son terrain de jeu favori,
Celui qui permettait de gambader,
En faisant des bruits familiers.
Le temps d'un petit brin de toilette,
Pour se faire beau avant d'aller retrouver sa mère,
Le chaton prit le chemin du couffin familial.
Après cette aventure éprouvante,
Il voulait se faire consoler,
Entre des patounes chaleureuses.
Il se précipita alors vers sa mère ...
Qui luit fit entendre une autre sorte de musique,
Moins jolie que celle du clavier,
Mais beaucoup plus rassurante.
-o-
Acte II (scène 5)
IÑES : ― ... !
ARNOLD : ― Quelle nouvelle ?
IÑES : ― Le petit chat n'est pas mort !
ARNOLD : ― ... ?
- FIN –
PtK
Ils trônent avec arrogance,
Impeccablement perchés sur le tabouret royal,
Daignant laisser leur regard condescendant,
Filtrer au travers de leur bouclier vitré.
Ils permettent à leur cœur bien dressé,
De vaguer au-delà du guichet inquisiteur,
Momentanément envahi sans pudeur,
Par un de ces demandeurs en détresse,
Un quémandeur désarmé de questions bienséantes,
Toujours inadaptée à la meilleur raison du plus fort :
Celle du maître d'accueil !
L'esprit nourri au rêve d'omnipotence,
Leur esprit n'a pu grignoter qu'un bout de souveraineté,
Suintant d'un petit poste de tout-puissant subalterne,
Un emploi accordé par un "au-dessus d'eux",
Comme un os avec de la moelle bien grasse,
Donnée à un méchant chien de garde,
Capable de garder la maison tout seul.
Gonflés du pouvoir de reconvoquer
Ou de congédier avec un sourire vainqueur,
Ils savent ce que les plaignants mal léchés,
N'ont pas le droit de savoir mieux que leur vérité,
Consignée dans leur petit manuel du savoir-dire.
Leur cœur a autrefois hésité,
Entre P.D.G des ressources tarissables
Et directeur d'énergies humaines renouvelables,
Mais leur compétence contrariée a tranché.
Alors, la rancœur aux commissures d'un sourire fabriqué,
Ces "petits" dupliquent en plus petit,
Ce que les "grands" font en plus grand
Et supervisent le destin des complaintes,
De plan sociétal égarant vers la réinsertion,
En accueil social orientant vers une mise à la porte.
Ils écoutent d'une oreille désabusée,
Entre deux pauses-café aromatisées d'amertume,
Sirotées à la barbe des enquiquineurs hors service,
Assoiffés de réponses nécessaires à leur boulimie de mieux-être.
Comment alors, ne pas préférer le numéro vert-de-gris !
Celui qui enjoint d'appuyer sur le 1, le 2 ou le 3,
Pour avoir le choix d'appuyer sur le 1bis, le 2bis ou le 3bis,
Afin de sélectionner le 1ter, le 2ter ou le 3ter
Et pouvoir enfin appuyer sa demande,
Au bout d'un bout de concert pianoté sans conviction,
Censé adoucir les mœurs en désarroi.
Si le téléphone ne sourit pas d'avantage,
Au moins son écran est bien plus accueillant
Et le dédain dégoulinant de sueur fatiguée,
Ne peut se lire dans les yeux de son haut-parleur !
PtK







