LA FACE CACHÉE.
Clichés.
- Antonio, Peters ... morts au combat
- Ma vérité d'hier, ma raison d'aujourd'hui
MORE MAJORUM.
Allons tais-toi, l'ancien ! Ils balaient de ta foi,
Tous ces forfaits commis au saint nom de leur loi,
Ils ne pardonnent pas, pour pouvoir se mentir,
Pour savoir ton destin, il faut le revêtir,
Glisser entre les feux d'une mort qui attend,
Celui qui fait l'erreur de vivre à bout portant,
Choisir de suivre un chef plus loin que la confiance,
Se perdre dans ces champs parfumés de violence,
Louer sa provenance au prix d'un vœu sincère
Et sans renier les siens, d'un élan mercenaire,
Offrir sa vie sans nom pour dénouer l'étreinte,
D'une patrie choisie au son de sa complainte,
Se retrouver souillé à côté d'un copain,
Venu mourir aussi dans ce "chez-nous" lointain,
Sans pouvoir s'expliquer, les revers de mépris,
De tous ces non-violents, terrés sous leur pays.
Mais tais-toi donc, l'ancien ! Personne ici ne croit,
En cette loyauté empalée sur ton choix,
La peur du sacrifice accepté en leur nom,
Repousse ton honneur, du pied de leur pardon,
Car ils ne cherchent pas, pourquoi toujours la guerre
Et ils n'apprennent pas comment ne plus la faire,
Car ils ne trouvent pas, comment vouloir la paix
Et ne pardonnent pas de savoir que tu sais.
Bien avant ton retour, le fruit de ta victoire,
A nourrit leur délire en volant ton histoire
Et pour expier leur joie, ils sèment leurs injures,
Pendant que tu vomis tes dernières blessures.
Ton flot de citations fait gonfler leurs tempêtes,
Sabordant sans merci la fierté de ces têtes,
Qui se sont éclatées dans la pluie métallique,
Pour t'ouvrir le chemin d'une paix famélique.
Alors tais-toi, l'ancien ! C'est toi qui dois comprendre,
Celui qui te renie, en hurlant pour te vendre,
Celui qui te conçoit, pour t'allouer sa place,
Celui qui t'a payé, pour s'offrir ta disgrâce.
Tous ces faiseurs de paix ont besoin de ta guerre,
Mais loin de leurs aveux, cachés cent pieds sous terre,
Alors on te propose un contrat à rebours,
Permettant l'alibi pour mieux damner tes jours.
Il faut un seul coupable une fois terminé,
Justifier aux médias ce plein d'atrocité,
Pouvoir se libérer de tes révélations,
En épinglant la faute au cœur de tes actions.
Ne dis plus rien, l'ancien ! Tu dois penser surtout,
A ceux qui croient encor à ce fier rendez-vous,
Ayant moins que la vie, à perdre en saluant,
Pour vaincre en un pays où pleurera leur sang !
J'ai dû pleurer l'adieu, avant un vrai bonjour,
On a fauché trop tôt les champs de l'avenir,
Tu es parti d'un coup, en charroyant ce jour,
En me laissant ton sang, pour simple souvenir.
Tu étais comme moi, des soleils d'Ibérie,
De ce pays debout qui chante sa misère,
Voulant mourir pour eux, dans cette autre patrie,
Tu l'auras fait sans moi, en m'offrant ton mystère.
J'ai fixé dans ma tête une croix sans médaille,
Ne pouvant enterrer la fierté de ton corps,
Je t'ai abandonné au cœur de la mitraille,
Car le soldat de l'ombre est renié dans la mort.
C'était un au revoir aux accents de défi,
Planté dans ce repli que j'ai dû accepter,
Mais j'ai juré qu'un jour je reviendrai ici,
Saluer cet endroit que je n'ai pu creuser.
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PETERS, mort au combat.
La Walkyrie est là, pour te prendre en son sein,
Ne voulant pas laisser ton âme sans merci,
Tu vas devoir vomir ton sang de norvégien,
Mais l'esprit de ton corps ne peut mourir ici.
Je vais, les mains rougies des pleurs de tes entrailles,
Pour suivre nos destins guidés par les vautours,
Je veillerai ton cœur au milieu des batailles,
Ton souvenir gravant le marbre de mes jours.
Je vais cracher ta mort en attendant la mienne,
Tromper cette douleur au gré de ma colère,
Je vais tout maculer pour que je me souvienne,
De cette heure infectée qui m'a ravi un frère.
Fais patienter pour moi, les dieux de ton empire,
Je veux rester encor pour geler mes pitiés,
Sans remords et sans loi, à l'ombre d'un sourire,
Survivant dans ma tête hostile aux sociétés.
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* André Zirnheld (7 mars 1913 - 27 juillet 1942) dont notre promotion (E.M.I.A : Ecole militaire interarmes) porte le nom, était professeur de philosophie en 1939. Refusant l'armistice il s'engage dans les Forces Françaises Libres, puis fait les E.O.R., nommé Aspirant il demande à servir dans les parachutistes et en particulier dans les S.A.S. Il est célèbre pour avoir été le premier officier parachutiste français tué au combat et comme auteur du poème "La prière" qui deviendra "La prière du para". - La Prière du Para (que vous entendez) est chantée par la chorale de la promotion dirigée par Raymond YVEN. Ce chant a été écrit en 1961 par l'élève officier Bernachot, de la promotion Capitaine Bourgin première promotion de l'E.M.I.A. (voir rubrique Historique sur (http://) promotion.zirnheld.free.fr/). - La prière ne fut connue que le jour ou le Général Valin en donna lecture à la BBC, le 13 janvier 1943, en pleine guerre. - La biographie d'André Zirnheld est donnée sur les sites: Wikipedia ou Compagnons de la Libération. Source principale : (http://) promotion.zirnheld.free.fr/ |
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Ma vérité d'hier ...
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Prière
Je m'adresse à vous, mon Dieu Car vous seul donnez Ce qu'on ne peut obtenir que de soi. Donnez-moi, mon Dieu, ce qu'il vous reste Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais. Je ne vous demande pas le repos, Ni la tranquillité, Ni celle de l'âme, ni celle du corps Je ne vous demande pas la richesse, Ni le succès, ni même la santé. Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement Que vous ne devez plus en avoir. Donnez-moi, mon Dieu, ce qu'il vous reste Donnez-moi ce que l'on vous refuse Je veux l'insécurité et l'inquiétude Je veux la tourmente et la bagarre Et que vous me les donniez, mon Dieu, Définitivement, Que je sois sûr de les avoir toujours, Car je n'aurai pas toujours le courage De vous les demander. Donnez-moi, mon Dieu, ce qu'il vous reste, Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas Mais donnez-moi aussi le courage Et la force et la foi Car vous seul donnez Ce qu'on ne peut obtenir que de soi.
- Prière écrite dans son carnet par André Zirnheld Mort au Champ d'Honneur
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… MA RAISON D'AUJOURD'HUI !
La prière d'un restant de vie (PtK).
Donnez-moi simplement ces envies repoussées,
Donnez-moi seulement ces besoins que l'on jette,
Je ne veux plus de ces paix falsifiées,
Je ne veux pas le repos qui s'achète,
Je ne veux pas l'oubli, encor moins l'indulgence,
Ni celle de mon corps, ni celle de mon cœur,
Ni ces plaisirs tachés d'impertinence,
Ni le succès, pas même un grand bonheur,
On vous réclame tant de ces banalités,
Que vous ne devez plus en avoir désormais,
Donnez-moi l'or de vos simplicités,
Ce que les gens ne réclament jamais.
Je veux ce qu'il vous reste, ce plat d'ingratitude,
Je veux l'épuisement d'un labeur insurgé,
Je veux l'effort, mes jours dans l'inquiétude,
Je veux la peur devant l'adversité.
Je veux les stimulants de l'insécurité,
Que vous me les donniez perpétuellement,
Je n'aurai pas toujours la volonté,
De les chercher à chaque égarement.
Donnez-moi simplement une vie sans mirage,
Donnez-moi tout ce dont plus personne ne veut
Et offrez-moi pour armer ce courage,
La foi du cœur, le glaive de ces vœux.
Elle a, sans un remord, bitumé ses pâquis ...
Parfumée de relents, saupoudrée de béton,
La ville acier grignote avec un lent mépris,
La campagne amputée qui pleure ses maquis.
... et le soleil suinte en déraison.
Ses nuits sont transpercées d'étoiles métalliques ...
De strass publicitaire en candeur fabriquée,
Elle engloutit les cœurs aux désirs excentriques,
Noyant l'aube en déclin, en ses flots chimériques.
... et a lune apprête la curée.
Son sourire est vendu au marché de l'outrance ...
Cravaché par un stress concevant des plaisirs,
Son futur se soumet aux galops de l'urgence,
Désaxant les destins enivrés d'exigence.
... et l'espoir étouffe en ses désirs.
Quand un visage gris veut troubler son erreur,
Il kidnappe un instant suspendu aux devoirs
Et moule un jour sans loi pour guider sa froideur,
Loin des trottoirs huileux engorgés de moiteur,
... et le rêve entrouvre ses couloirs.
Je ne supportais plus la ville et ses faux airs,
Le flonflon de ses rues encroûtait mes envies,
J'ai rongé le cordon me reliant à ses chairs,
Trop flasques et rougies des rigueurs de leurs fers,
... et j'ai hululé mes symphonies.
En ouvrant les rideaux d'un berceau de nature,
J'ai trouvé sous les draps recouvrant sa pudeur,
Le doux sein d'une vierge allaitant sa ramure
Dans le frais gazouillis d'un ruisseau de verdure,
... et j'ai lapé l'eau de sa vigueur.
J'ai posé le barda d'un passé endurci
Dans l'erreur d'une vie façonnée sans raison
Et alors j'ai voulu labourer mon oubli
Pour planter mon vieux rire en ce cadre infini
... et y voir refleurir mon prénom.
Un arbre m'a offert le plus fort de ses bras,
Pour sculpter dans sa coupe un chez-moi sans crédit,
La fougère, une couche entourée de lilas,
Pour guérir mes sommeils saturés de fracas,
... et j'ai pu enfin rêver sans bruit.
Chaque jour un lutin vient brouter mon éveil,
Du lièvre bondissant à la biche étonnée,
Même un vieux sanglier qui flaire mon orteil,
Avant de repartir sous les ris du soleil,
... et j'enivre ma vie de rosée.
Ma blessure a trouvé l'onguent qui cautérise,
Les saignées de mon corps et la peur du destin,
Pour terminer mes ans au sein de ma promise,
Je vais poser mon cœur sur ses chevaux de bise,
... et fondre mon âme au clair matin.
... Ecoulant sa saignée aux lueurs d'un flambeau,
La montagne exaltée me pousse en souriant
Et roulée par le temps jusqu'au bord d'un ruisseau,
Je me laisse entraîner aux allants du coteau,
Attirée par un flot plus ardent ...
... Faisant front aux fureurs d'un torrent implacable,
Je cache le printemps d'un courant trop pervers,
Pour abriter la frai d'une mère indomptable,
Qui impose aux éclairs, son instinct immuable,
Avant d'aller rejoindre la mer ...
... Déposée par les flots d'un océan rêveur,
Sur sa grève alourdie, d'un boulier ruisselant
Et couvée par les flux, sous un vent migrateur,
Je projette mon âme emperlée de sueur,
Dans l'ombre d'un rivage ondoyant.
Pour exaucer les vœux d'un amour espéré,
J'empierre les nuits de lueurs séculaires
Et portée par l'ardeur d'un galop argenté
Je compose un ballet dans l'espace éthéré,
Au nom des amours crépusculaires.
PtK
